Le Burundi ne figure pas encore sur les grands circuits touristiques d'Afrique de l'Est, ce qui laisse ses sites remarquablement paisibles. Ce pays de la taille de la Belgique réunit pourtant des paysages de collines, une rive du plus long lac d'eau douce du monde, deux parcs nationaux et un patrimoine royal singulier. Les distances courtes permettent d'en découvrir l'essentiel en une dizaine de jours.
Au sud de Bujumbura s'étire une succession de plages de sable clair bordées de paillotes, dont Saga Beach reste la plus fréquentée. Le lac dépasse 1 400 mètres de profondeur et abrite des centaines d'espèces de poissons endémiques. La présence d'hippopotames et de crocodiles conduit à ne se baigner qu'aux endroits surveillés et signalés.
La Kibira protège 400 kilomètres carrés de forêt de montagne sur la crête Congo-Nil, dans le nord-ouest du pays. Ancienne réserve de chasse royale, elle prolonge la forêt rwandaise de Nyungwe et abrite des chimpanzés, des colobes noir et blanc et près de 200 espèces d'oiseaux. La partie nord du massif fait l'objet de restrictions dans les avis aux voyageurs européens.
Créé en 1980 dans le nord-est, ce parc de 508 kilomètres carrés suit le cours de la rivière Ruvubu sur toute sa longueur. Ses savanes constituent le dernier vestige des prairies naturelles de la région et accueillent buffles, cobes, hippopotames et crocodiles du Nil.
À Rutovu, dans le sud du pays, une pyramide de pierre marque la source la plus australe du bassin du Nil. L'explorateur allemand Burkhart Waldecker l'a identifiée en 1934 sur le flanc nord du mont Gikizi. Le site se trouve à environ 130 kilomètres de Bujumbura et figure sur la liste indicative du patrimoine mondial depuis 2007.
Au sud-est, près de Rutana, la Karera se divise en plusieurs cascades réparties sur trois paliers, la plus haute atteignant 80 mètres. La faille de Nyakazu, appelée aussi faille des Allemands, ouvre non loin de là un profond escarpement sur la plaine de la Kumoso. Les deux sites ont été proposés ensemble à l'UNESCO en 2007.
Le sanctuaire de Gishora se dresse sur une colline à 7 kilomètres au nord de Gitega, sur un domaine royal fondé au 10-neuvième siècle par le mwami Ntare Rugamba. Les tambours sacrés y sont conservés dans un enclos et frappés lors des représentations données pour les visiteurs. La danse rituelle au tambour royal figure depuis 2014 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité.
Devenue capitale politique en 2019, Gitega occupe le centre du pays sur un plateau situé à plus de 1 500 mètres d'altitude. Son musée national, ouvert en 1955, conserve des objets ethnographiques et des pièces provenant de la cour des rois du Burundi.
L'ancienne capitale garde ses avenues plantées, ses marchés animés et un front de lac tourné vers les montagnes congolaises. Le musée vivant, le mausolée du prince Louis Rwagasore et la pierre de Mugere, qui commémore la rencontre de Stanley et de Livingstone en 1871, complètent la visite.