Scène politique au Burundi

La vie politique burundaise est structurée depuis 2005 par la prééminence du Conseil national pour la défense de la démocratie et des Forces de défense de la démocratie. Les formations d'opposition, héritières pour certaines de l'histoire longue du pays, disposent d'un espace réduit, comme l'ont montré les derniers scrutins.

Domination du CNDD-FDD

Issu d'un mouvement rebelle intégré au processus de paix, le CNDD-FDD gouverne sans interruption depuis les élections de 2005. Le parti contrôle l'exécutif, le Parlement et la quasi-totalité des exécutifs locaux. Sa ligue de jeunesse, les Imbonerakure, est régulièrement mise en cause par les organisations de défense des droits humains pour des faits de harcèlement et d'intimidation, ce que les autorités contestent.

Formations d'opposition

Le Congrès national pour la liberté, fondé par Agathon Rwasa et agréé en 2019, s'est imposé comme la principale force d'opposition avant d'être fragilisé par une crise interne et par le remplacement de son dirigeant en 2024. L'Union pour le progrès national, parti historique de l'indépendance, et le Front pour la démocratie au Burundi, vainqueur du scrutin de 1993, conservent une audience limitée. Plusieurs autres formations, dont le Radebu, complètent ce paysage.

Scrutins de la dernière décennie

L'élection présidentielle de 2020 a porté Évariste Ndayishimiye à la tête de l'État avec un score officiel proche de 69 %, devant Agathon Rwasa, dont le camp avait dénoncé des irrégularités. Les élections législatives organisées la même année avaient laissé une minorité de sièges au CNL. Le mandat présidentiel en cours court jusqu'en 2027.

Résultats des dernières législatives

Le scrutin du 5 juin 2025 a donné 96,51 % des suffrages au CNDD-FDD, selon les résultats proclamés par la commission électorale et rapportés par le journal Iwacu. L'Uprona a recueilli 1,38 % et le CNL 0,58 %, sous le seuil nécessaire pour obtenir des sièges. Le parti au pouvoir a ainsi remporté 108 des 111 sièges, les trois restants revenant aux députés twa cooptés.

Marges de manœuvre de l'opposition

Les partis battus ont rejeté ces résultats et évoqué des fraudes, l'Uprona parlant de mascarade. Human Rights Watch relève de son côté que des candidats d'opposition ont été écartés par des obstacles administratifs et judiciaires. Plusieurs dirigeants vivent en exil et une partie des formations contestataires ne dispose plus de représentation parlementaire, ce qui déplace le débat politique vers les médias en ligne et la diaspora.