Libertés publiques au Burundi

Les libertés publiques au Burundi font l'objet d'appréciations divergentes entre les organisations internationales, qui documentent des restrictions durables, et les autorités, qui mettent en avant la stabilité retrouvée et le retour de réfugiés. Presse, société civile et mécanismes onusiens constituent les principaux terrains de ce désaccord.

Classement de la liberté de la presse

Reporters sans frontières a classé le Burundi au 125e rang mondial dans son édition 2025, soit un recul de 17 places par rapport à l'année précédente, comme l'a rapporté le journal Iwacu. Plusieurs médias fermés durant la crise ouverte en 2015 n'ont pas rouvert et les rédactions restantes pratiquent une autocensure décrite par Human Rights Watch.

Journalistes poursuivis

La journaliste Sandra Muhoza, arrêtée en 2024, a été condamnée en première instance à 4 ans de prison. Elle a bénéficié d'une libération provisoire en mars 2026 selon Africanews, avant que sa peine ne soit ramenée à 6 mois en appel le mois suivant. D'autres professionnels ont connu des détentions prolongées, dénoncées par Reporters sans frontières.

Société civile sous contrainte

La plupart des organisations burundaises de défense des droits humains opèrent depuis l'étranger, plusieurs d'entre elles ayant été radiées ou suspendues après 2015. Human Rights Watch signale dans son rapport mondial 2026 le départ du pays du président sortant de la Commission nationale indépendante des droits de l'homme en avril 2025.

Mécanismes des Nations unies

Le Conseil des droits de l'homme a créé une commission d'enquête sur le Burundi en 2016, remplacée en 2021 par un rapporteur spécial dont le mandat a été renouvelé en octobre 2025. Ce dernier a recensé, entre janvier 2024 et mai 2025, au moins 892 détentions arbitraires et 605 exécutions extrajudiciaires, chiffres repris par Human Rights Watch. Le gouvernement conteste ces travaux et refuse de coopérer avec le titulaire du mandat.

Réfugiés et déplacements

Des centaines de milliers de Burundais ont quitté le pays après 2015, principalement vers la Tanzanie, le Rwanda, l'Ouganda et la République démocratique du Congo, et des programmes de retour volontaire ont été conduits avec le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés. En sens inverse, plus de 70 000 personnes ont fui l'est de la République démocratique du Congo vers le Burundi en 2025, dans des conditions d'accueil décrites comme difficiles par Human Rights Watch.

Position des autorités

Gitega récuse la qualification de crise des droits humains et souligne l'absence de conflit armé généralisé, la tenue régulière des scrutins et le retour de nombreux réfugiés. Les autorités présentent les rapports internationaux comme des instruments politiques et privilégient les mécanismes africains d'examen.