Institutions politiques au Burundi

Le Burundi est une république dont le fonctionnement repose sur la Constitution adoptée par référendum en 2018, elle-même héritière des équilibres définis par l'accord d'Arusha de 2000. Le texte organise un exécutif fort, un Parlement composé de deux chambres et un système de quotas destiné à garantir la représentation des composantes de la population.

Constitution issue du référendum

La Constitution promulguée en juin 2018 remplace celle de 2005. Elle porte la durée du mandat présidentiel de 5 à 7 ans, renouvelable une fois, et rétablit un poste de Premier ministre à la place des deux vice-présidences antérieures. Elle assouplit également les conditions de révision de la loi fondamentale, point que l'envoyé des Nations unies dans le pays avait signalé lors des débats préparatoires.

Chef de l'État et gouvernement

Le président de la République est élu au suffrage universel direct. Évariste Ndayishimiye, investi en juin 2020 après la mort de Pierre Nkurunziza, exerce le premier mandat de 7 ans, la prochaine élection présidentielle étant attendue en 2027. Le chef de l'État nomme le Premier ministre, qui coordonne l'action gouvernementale, ainsi qu'un vice-président aux attributions largement protocolaires.

Assemblée nationale et Sénat

L'Assemblée nationale compte au moins 100 sièges, pourvus à la représentation proportionnelle dans des circonscriptions provinciales, pour un mandat de 5 ans. Un seuil de 2 % conditionne l'accès à la répartition des sièges, opérée selon la méthode d'Hondt. Le Sénat réunit des membres élus par les conseils communaux, auxquels s'ajoutent les anciens chefs d'État. Les deux chambres votent la loi et contrôlent l'action du gouvernement.

Quotas ethniques et de genre

La composition des institutions doit respecter une proportion de 60 % de Hutu et de 40 % de Tutsi, ainsi qu'un minimum de 30 % de femmes. Trois représentants twa sont cooptés dans chaque chambre par la commission électorale. Des sièges supplémentaires sont attribués lorsque les résultats du scrutin ne suffisent pas à satisfaire ces équilibres, ce qui explique que l'effectif réel du Parlement dépasse le plancher constitutionnel.

Justice et collectivités locales

L'ordre judiciaire s'organise autour de la Cour suprême, de la Cour constitutionnelle et d'un ministère public placé sous l'autorité du ministre de la Justice. La Cour constitutionnelle valide les résultats électoraux et statue sur la conformité des lois. Au niveau local, la commune constitue la collectivité de base, dirigée par un administrateur et un conseil élu, dans un cadre profondément remanié par la réduction du nombre de provinces et de communes intervenue en 2025.