Les investissements directs étrangers au Burundi demeurent parmi les plus faibles du continent, en rapport avec la taille du marché intérieur, le niveau de revenu et le contexte politique. Les autorités cherchent à relancer ces flux par une agence dédiée et par un code des investissements offrant des avantages fiscaux.
Les flux annuels se comptent en dizaines de millions de dollars, un ordre de grandeur très inférieur à celui des voisins de la Communauté d'Afrique de l'Est. La suspension de l'appui budgétaire européen entre 2016 et 2022 et la pénurie de devises ont pesé sur les décisions d'implantation. La levée des sanctions européennes en février 2022 a rouvert des perspectives de financement concessionnel.
L'Agence de développement du Burundi assure la promotion des investissements, l'accueil des porteurs de projets et la tenue du guichet unique de création d'entreprises. Elle instruit les demandes d'agrément au code des investissements et délivre les certificats correspondants. Les représentations diplomatiques burundaises ont été associées à cette mission de prospection.
L'agro-industrie, en particulier la transformation du café, du thé, des fruits et du palmier à huile, concentre une part des projets. L'énergie, avec des centrales hydroélectriques et solaires, la logistique liée aux corridors régionaux, les mines et les services numériques complètent cette liste. Le tourisme reste embryonnaire malgré le potentiel du lac Tanganyika et des parcs nationaux.
Le code des investissements prévoit des exonérations de droits de douane sur les biens d'équipement et des réductions d'impôt sur les bénéfices modulées selon le nombre d'emplois créés et la localisation du projet. Un régime de zone franche s'applique aux activités tournées vers l'exportation. L'égalité de traitement entre investisseurs nationaux et étrangers est inscrite dans les textes, de même que la liberté de rapatriement des bénéfices, sous réserve de la disponibilité des devises.
Les investisseurs citent l'accès aux devises, les coupures d'électricité, l'étroitesse du système bancaire, l'imprévisibilité fiscale et la perception de la corruption. Le contentieux minier opposant l'État à l'ancien exploitant du gisement de terres rares de Gakara est fréquemment mentionné comme un signal négatif. La qualité des infrastructures routières et le coût du fret depuis les ports de l'océan Indien complètent ce tableau.