Le marché du travail burundais se caractérise par la prédominance de l'agriculture familiale, par un secteur formel étroit et par une pression démographique qui amène chaque année de nouvelles cohortes de jeunes vers l'emploi.
La Banque mondiale estime que 85 % de la population tire ses revenus de l'agriculture, principalement sur de petites exploitations familiales. Ce travail est largement non salarié et souvent assuré par les femmes, qui cumulent production vivrière et tâches domestiques. La saisonnalité des cultures entraîne des périodes de sous-emploi marquées.
Le secteur informel représentait 36,6 % du produit intérieur brut selon les chiffres cités par la Direction générale du Trésor française. Le commerce de détail, le transport par moto-taxi, la petite restauration et la construction absorbent une grande part des actifs urbains. Ces activités échappent à la protection sociale et à la fiscalité, ce qui fragilise à la fois les travailleurs et les recettes publiques.
L'administration, l'enseignement et la santé constituent les principaux employeurs formels, devant les banques, les télécommunications et quelques industries agroalimentaires. La presse burundaise en exil décrit une érosion du pouvoir d'achat des agents publics et des départs vers le secteur privé ou vers l'étranger, sur fond d'inflation élevée. Les recrutements publics restent contraints par l'état des finances de l'État.
L'âge médian de 16,6 ans relevé par Worldometer donne la mesure du défi. Les sortants de l'université accèdent difficilement à un premier emploi correspondant à leur formation et se tournent vers l'auto-emploi, la fonction publique ou l'émigration. Un programme d'autonomisation économique des jeunes et des femmes, doté d'un fonds de crédit, a été mis en place pour financer des microprojets.
Le salaire minimum légal, fixé il y a plusieurs décennies, a perdu toute portée réelle et sa revalorisation fait l'objet d'un débat public relayé par la presse locale. Dans le secteur formel, les rémunérations se situent très en deçà des moyennes régionales, tandis que l'inflation des produits alimentaires réduit le pouvoir d'achat des ménages salariés comme des agriculteurs.