Le franc burundais constitue la monnaie nationale. Sa gestion se heurte depuis plusieurs années à une pénurie structurelle de devises, qui a fait naître un marché parallèle actif et qui complique les opérations courantes des voyageurs comme des entreprises.
Le franc burundais, dont le code international est BIF, se divise théoriquement en 100 centimes, unité sortie de l'usage. Les billets en circulation vont de 500 à 10 000 francs et les pièces conservent un emploi marginal du fait de l'inflation. La monnaie a perdu près de 88 % de sa valeur face au dollar depuis 2015 selon la Direction générale du Trésor française.
La Banque de la République du Burundi émet la monnaie, fixe le taux directeur et administre l'allocation des devises aux importateurs. Elle publie un taux de change officiel et encadre l'activité des banques commerciales et des bureaux de change agréés. Le taux officiel a été ajusté à plusieurs reprises depuis 2024, dans le cadre des discussions engagées avec le Fonds monétaire international.
La coexistence d'un taux administré et d'un taux de rue constitue la principale anomalie du système monétaire burundais. L'écart entre les deux cotations a dépassé le simple au double pendant plusieurs périodes, ce qui alimente l'arbitrage et les tensions sur les prix des produits importés. L'unification des taux figure parmi les recommandations formulées par le Fonds monétaire international.
Les règlements quotidiens s'effectuent presque exclusivement en espèces. Les distributeurs automatiques se concentrent à Bujumbura et à Gitega et acceptent de façon inégale les cartes émises à l'étranger. Les porte-monnaie mobiles proposés par les opérateurs de téléphonie connaissent en revanche une diffusion rapide pour les transferts entre particuliers et le règlement de factures.
Le change de devises s'opère dans les banques et les bureaux agréés, sur présentation d'une pièce d'identité. Les cartes bancaires internationales conservent une acceptation limitée en dehors de quelques hôtels et agences de voyage, ce qui conduit les visiteurs à prévoir des espèces. Les transferts de la diaspora, équivalant à 4,3 % du produit intérieur brut, transitent par des opérateurs spécialisés et par des circuits informels.