Environnement des affaires au Burundi

L'environnement des affaires burundais associe un cadre juridique largement modernisé sur le papier et des difficultés d'application signalées par les opérateurs. La fiscalité, les délais administratifs et la perception de la corruption comptent parmi les principaux points d'attention.

Architecture fiscale

L'Office burundais des recettes, créé en 2009, centralise la collecte des impôts et des droits de douane. La taxe sur la valeur ajoutée s'applique au taux ordinaire de 18 %, avec des exonérations pour certains produits de première nécessité et intrants agricoles. L'impôt sur les bénéfices des sociétés se situe à 30 %, complété par des retenues à la source sur les revenus versés à des non-résidents.

Formalités de création

Le guichet unique tenu par l'Agence de développement du Burundi permet l'enregistrement en ligne d'une société, avec un droit de 40 000 francs burundais pour les sociétés et de 30 000 francs pour les commerçants personnes physiques. Le certificat d'immatriculation transmis par voie électronique porte le numéro d'identification fiscale et le numéro de registre du commerce. Plusieurs activités réglementées, dans la banque, les télécommunications, la santé ou les mines, supposent une autorisation préalable distincte.

Relations avec l'administration

Les entreprises signalent des délais variables pour les agréments sectoriels, les visas de travail et les procédures douanières. L'accès aux devises pour régler des fournisseurs étrangers constitue une contrainte majeure, les allocations passant par la banque centrale. La stabilité des textes fiscaux fait aussi l'objet de critiques, les lois de finances successives modifiant régulièrement les régimes d'exonération.

Corruption et transparence

Transparency International attribue au Burundi un score de 17 sur 100 dans son indice de perception de la corruption pour 2025, au 167e rang sur 182 pays, sans évolution par rapport à l'exercice précédent. Une brigade anticorruption et une juridiction spécialisée existent, mais les organisations spécialisées jugent leur action inégale. Les marchés publics et les licences d'importation figurent parmi les domaines les plus exposés.

Facteurs de coût

L'enclavement, le prix du transport depuis les ports de Dar es Salaam et de Mombasa, l'instabilité de la fourniture électrique et la rareté du crédit bancaire pèsent sur la compétitivité. Les entreprises formelles restent peu nombreuses face à un secteur informel estimé à plus du tiers de la richesse produite.