La musique burundaise reste indissociable du tambour, instrument sacré autrefois lié au pouvoir royal et devenu emblème national. À côté de cet ensemble percussif spectaculaire, le pays conserve des instruments à cordes et à vent joués en petit effectif, une tradition chorale nourrie par les Églises et une scène urbaine ouverte aux styles africains contemporains.
La danse rituelle au tambour royal figure depuis 2014 sur la liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l'humanité établie par l'UNESCO. Les tambourinaires disposent leurs instruments en demi cercle autour d'un tambour central appelé inkiranya, encadré par les amashako qui maintiennent un rythme continu et par les ibishikiso qui suivent la pulsation centrale. Les prestations accompagnent les fêtes nationales, les cérémonies locales et l'accueil d'hôtes de marque. Un décret adopté en 2017 encadre désormais l'usage du répertoire et les conditions de ces prestations.
Le karyenda désignait le tambour sacré du mwami, gardé dans des sanctuaires et associé à la fécondité de la terre autant qu'à la légitimité du souverain. Le sanctuaire de Gishora, situé près de Gitega, demeure le lieu le plus connu de cette tradition et accueille régulièrement des démonstrations. La fabrication des instruments obéit à des règles précises quant au choix du bois et au montage des peaux.
L'inanga, cithare sur planche tendue de 7 ou 8 cordes, accompagne une voix presque chuchotée qui déroule des récits et des poèmes. L'umuduri, arc musical monté sur une calebasse, produit un son sourd apprécié pour les veillées. L'ikembe, lamellophone tenu à deux mains, et les trompes appelées amakondera complètent ce répertoire d'instruments joués seul ou à quelques musiciens.
Les paroisses catholiques et protestantes entretiennent un vaste réseau de chorales qui répètent chaque semaine et se produisent lors des offices comme des fêtes. Ce mouvement a formé de nombreux chanteurs et diffusé une écriture polyphonique en kirundi, souvent accompagnée de percussions légères.
Khadja Nin, née à Bujumbura en 1959, a porté la chanson burundaise vers le public international avec des albums enregistrés en Europe dans les années 1990. Une génération plus jeune mêle rythmes locaux, rumba, afrobeats et rap en kirundi, en s'appuyant sur les radios privées et sur les plateformes numériques. Les concerts se concentrent surtout à Bujumbura, où quelques salles et festivals accueillent les artistes du pays et de la région.