Le Burundi a donné au continent des figures politiques marquantes, des artistes reconnus bien au delà de ses frontières et des athlètes qui ont porté son drapeau aux Jeux olympiques. Plusieurs de ces personnalités sont associées aux moments décisifs de l'histoire nationale, d'autres se sont fait connaître par la littérature, par la musique ou par l'action humanitaire.
Le mwami Ntare Rugamba, souverain de la première moitié du XIXe siècle, reste dans la mémoire collective comme l'artisan de l'extension du royaume. Son successeur Mwezi Gisabo, mort en 1908, incarne la résistance aux premières pressions coloniales. Le dernier roi, Ntare V, écarté du trône en 1966, a été tué en 1972 après un retour d'exil.
Le prince Louis Rwagasore, né en 1932, a fédéré le mouvement nationaliste au sein de l'UPRONA et remporté les élections de 1961 avant d'être assassiné le 13 octobre de la même année. Il demeure le héros national de référence, et son mausolée domine Bujumbura. Paul Mirerekano, autre dirigeant nationaliste de cette période, a lui aussi laissé une empreinte durable.
Michel Micombero, Jean Baptiste Bagaza et Pierre Buyoya ont dirigé le pays sous des régimes militaires successifs entre 1966 et 1993. Melchior Ndadaye, premier chef d'Etat élu au suffrage universel en 1993, a été assassiné quelques mois après son investiture. Pierre Nkurunziza a gouverné de 2005 à 2020, et Evariste Ndayishimiye lui a succédé.
L'abbé Michel Kayoya, auteur de « Sur les traces de mon père », fait figure de pionnier des lettres burundaises. Gaël Faye, né à Bujumbura en 1982, a obtenu le prix Goncourt des lycéens en 2016 pour « Petit Pays » puis le prix Renaudot en 2024. La chanteuse Khadja Nin, née en 1959, a diffusé la musique burundaise sur les scènes internationales. La princesse Esther Kamatari, installée en France, a mené une carrière de mannequin avant de publier ses souvenirs.
Vénuste Niyongabo a remporté le titre olympique du 5000 mètres aux Jeux d'Atlanta en 1996, première médaille de l'histoire du pays. Francine Niyonsaba, née en 1993, a décroché la médaille d'argent du 800 mètres à Rio de Janeiro en 2016 et 2 titres mondiaux en salle. L'athlétisme de demi fond reste la discipline où les Burundais s'illustrent le plus régulièrement.
Marguerite Barankitse, fondatrice de la Maison Shalom, a recueilli des milliers d'enfants pendant la guerre civile et reçu plusieurs distinctions internationales. Ketty Nivyabandi, poétesse et militante des droits humains, a exercé des responsabilités au sein d'organisations internationales après son départ du pays. Ces parcours illustrent la place prise par la société civile burundaise dans les débats sur la mémoire et sur les libertés.