L'artisanat burundais s'appuie sur des matières végétales et sur l'argile, travaillées à la main selon des techniques transmises dans les familles. La vannerie occupe la première place par sa diffusion et par sa valeur symbolique, aux côtés de la poterie, du travail du bois et de la fabrication des tambours.
L'agaseke, petit panier à couvercle conique, sert de contenant précieux et de cadeau offert lors des mariages et des grandes occasions. Les vanneuses utilisent des fibres de bananier, des pousses de papyrus, du sisal et des herbes de marais, teintes avec des colorants naturels ou industriels pour former des motifs géométriques. Le tressage serré rend certains paniers pratiquement étanches. Cette production, largement féminine, occupe surtout la saison sèche.
Les inkangara, corbeilles réalisées en lamelles de bambou, proviennent principalement des régions du nord. Les artisans du sud produisent des pièces souvent teintées en noir, tandis que les environs de Ngozi et de Kayanza fournissent des nattes et des panneaux de roseaux utilisés comme cloisons. La province de Kirundo est connue pour des sièges en lianes garnis de peau de vache.
La poterie relève traditionnellement des Twa, qui façonnent au colombin des jarres, des marmites et des récipients à bière avant une cuisson en meule à l'air libre. Les formes restent sobres, avec des décors incisés ou imprimés au peigne. La concurrence des ustensiles métalliques et plastiques a nettement réduit les débouchés de cet artisanat.
Les sculpteurs produisent des statuettes, des cannes, des mortiers, des bols et des plateaux destinés aussi bien à l'usage domestique qu'au marché touristique. Le travail des essences locales exige une longue période de séchage pour éviter les fentes. Certains ateliers de Bujumbura associent sculpture, marqueterie et mobilier contemporain.
Le tambour se taille dans un tronc évidé, recouvert d'une peau de bovin fixée par des chevilles de bois disposées en couronne. Le choix de l'arbre, la durée du séchage et la tension de la peau déterminent la justesse de l'instrument. Cette fabrication demeure une spécialité de quelques familles, notamment autour de Gitega, et se transmet de père en fils.