L'architecture burundaise se lit d'abord dans le paysage rural, où l'habitat dispersé sur les collines obéit à une organisation ancienne. Les villes, beaucoup plus récentes, portent la marque des administrations coloniales puis d'une croissance rapide qui privilégie les matériaux industriels. Le transfert des institutions vers Gitega ouvre depuis quelques années un nouveau chapitre pour la commande publique.
Le rugo désigne l'unité domestique traditionnelle, composée d'une ou de plusieurs cases regroupées à l'intérieur d'un enclos circulaire. Cet enclos, l'urugo, prend la forme d'une palissade de bambou tressé ou d'une haie vive et sépare l'espace familial du terrain commun. La case, appelée inzu, présente un plan circulaire et une couverture en dôme qui descend très bas. La disposition des bâtiments réserve des places distinctes au chef de famille, aux épouses, aux enfants et au bétail.
Les constructions traditionnelles emploient uniquement des ressources locales, avec une ossature de perches, de bambou et de roseaux liés par des fibres végétales. La toiture reçoit des herbes de marais ou de la paille posées en spirale, technique qui assure l'écoulement de l'eau et la tenue de l'ensemble. Un tel toit demande un renouvellement au bout de quelques années. Le chantier mobilise le voisinage sur 2 à 4 journées, dans le cadre d'un travail collectif que la famille rémunère par l'hospitalité.
Gitega, ancienne résidence des derniers mwami, conserve un tissu urbain modeste organisé autour d'un noyau administratif hérité de la période belge. Le musée national installé dans la ville présente des collections d'objets royaux et domestiques. La désignation de Gitega comme capitale politique, décidée fin 2018, entraîne la construction de bâtiments ministériels et de logements de fonction.
Bujumbura, née d'un poste militaire allemand établi à la fin du XIXe siècle sous le nom d'Usumbura, s'est développée en bordure du lac Tanganyika. Le centre garde des immeubles bas de la période belge, des avenues rectilignes, un marché central et plusieurs édifices religieux de facture moderniste. Les quartiers périphériques se sont étendus très rapidement au cours des dernières décennies.
Le parpaing, la brique cuite et la tôle ondulée dominent aujourd'hui la construction, y compris dans les zones rurales où ils remplacent progressivement la paille. Les immeubles de bureaux et les hôtels des quartiers centraux adoptent un vocabulaire international assez neutre. Quelques architectes et associations défendent une réappropriation des formes anciennes et des matériaux locaux.